Slimane Azayri

Slimane Azayri

Qui gouverne en Algérie ?

La réponse à la question ( qui gouverne en Algérie ?) a toujours été difficile dans la mesure où les institutions légales ou formelles (Président de la république, parlement, Justice etc.) ne sont en fait le plus souvent que des vitrines servant de masques ou d’avatars au pouvoir , du moins lorsqu'il s'agit de décisions importantes, surtout celles qui ont des incidences sur les intérêts des acteurs militaires, politiques et économiques les plus influents,  fréquemment confondus et mélangés dans des relations « incestueuses ». La nature rentière de l'économie algérienne (fondée sur l'exploitation et l'exportation des hydrocarbures) fait que les groupes composant le pouvoir sont en bonne partie dans les appareils de l'Etat, les plus puissants étant ceux de l'armée et des services de renseignements. Ces derniers – les services de renseignements – constituent une véritable police politique comparables par exemple au KGB, à la Stasi et à la Securitate des anciens régimes staliniens d’Europe de l’Est (URSS, RDA et Roumanie) et aussi aux Moukhabarate d’Egypte dont le régime à dominante militaire a beaucoup de ressemblances avec celui d’Algérie. Le noyau historique des dirigeants est « le groupe d’Oujda » composé des militaires qui ont pris le pouvoir par la force en 1962 à la tête de « l’armée des frontières » (soldats algériens stationnés au Maroc et en Tunisie durant la guerre de libération nationale) au dépend du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA) qui représentait jusqu’alors le pouvoir légal. D’autres acteurs se sont joints au fur et à mesure au groupe d’Oujda par voie d’allégeance et par le jeu des alliances souvent archaïques car familiales, tribales ou, dans les meilleurs des cas,  régionales. Si au sommet de la hiérarchie du pouvoir, la plupart des dirigeants sont effectivement des vieillards, ceux au niveau immédiatement inférieurs sont moins âgés, sexagénaires ou alors quinquagénaires le plus souvent. Tous sont apparentés d’une façon ou d’une autre au groupe d’Oujda dont la grande majorité étaient des « planqués » (au Maroc, en Tunisie ou ailleurs) durant la guerre de libération nationale.



07/03/2015
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